« Moins de matière et plus d’émotion »
Chafik Gasmi
Chafik Gasmi, dit Chafik, a été le directeur artistique de Sephora, l’enseigne qui a révolutionné la distribution de parfums.
« J’ai grandi à Alger, la ville qui a façonné ma sensibilité à la lumière et aux proportions. »
Extrait de l’interview
Vous êtes architecte de formation. Comment êtes-vous devenu directeur artistique pour le luxe ?
C.G. J’ai grandi à Alger, la ville qui a façonné ma sensibilité à la lumière et aux proportions. L’architecture a toujours été ma vocation, pour moi c’est un métier à la jonction de toutes les formes d’art. En parallèle, j’ai étudié en cours du soir les arts plastiques, la photographie, le design industriel. J’ai même un CAP de maçonnerie. Mon premier projet était un hôtel à Paris dont j’ai dessiné tous les meubles. Il se trouve qu’ils ont été loués pour le Salon du meuble, ils ont intéressé des clients privés, j’ai donc créé une maison d’édition et je me suis retrouvé designer sans l’avoir voulu.
Comment avez-vous collaboré avec lui ?
C.G. Dominique Mandonnaud ne croyait pas au marketing. Il ne croyait qu’à la création et au commerce. On travaillait avec pragmatisme, en écoutant les vendeuses qui nous remontaient les réactions des clientes. J’ai commencé par lui poser plein de questions, car je ne connaissais pas son métier. Il voulait quelqu’un qui ne soit pas expert et qui avance sans a priori. Issu d’une famille de commerçants, j’ai cette ouverture et cet intérêt pour les autres. Je ne cherche pas à imposer ma vision, mon but est de rendre tout projet beau. Même si je n’aime pas le vert je vais en faire la plus belle des couleurs.
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