Les agences de design et les fonds
Interview réalisée par Christophe Chaptal
Voici deux patrons d’agences, de taille et de positionnements différents, qui ont chacun fait appel à des fonds d’investissement pour les accompagner dans leurs ambitions de croissance. Par ordre alphabétique, voici Frédéric Messian de Lonsdale et David Nitlich de centdegrés.

« Permettez-moi un petit retour en arrière. »
Extrait de l’interview
Frédéric Messian.
F.M. Permettez-moi un petit retour en arrière. Lorsque j’ai repris Lonsdale en 2007, l’actif était principalement une marque forte dotée d’un vrai ADN. Mais en même temps l’entreprise était un peu en perdition : il ne restait plus que 15 collaborateurs réalisant 1,5 million d’euros de marge brute. Aujourd’hui, nous sommes numéro un sur le marché français avec 240 collaborateurs, pour 30 millions de marge brute. Pour ce qui concerne notre offre, elle s’appuie sur trois piliers : innovation, design thinking et stratégie de marque ; identité de marque et positionnement de marque ; expérience de marque – ce qui inclut tous les métiers « techniques » qui y sont associés (retail, digital, UX, etc.). Je précise que l’on ne traite pas et que l’on ne veut surtout pas traiter les métiers publicitaires. Lonsdale est basée à Paris et nous travaillons à 85 % pour le marché français, le reste étant de l’accompagnement de nos clients français à l’international.
Pourquoi et comment avez-vous fait appel à un fonds d’investissement ?
F.M. Ma stratégie a depuis le début été un développement rapide. De 2007 à 2012, notre croissance a été exclusivement organique et nous sommes passés de 1,5 à 8 millions d’euros de marge brute. Puis, à partir de 2012, nous sommes entrés dans une phase de croissance externe avec douze opérations réalisées à ce jour. Cette croissance externe a été réalisée partie par autofinancement et partie grâce à des fonds d’investissement (Nextstage et Élysées investissement). Nous nous sommes fait financer à la fois en obligations convertibles* et en fonds propres**. Notre idée est que dans un monde qui se transforme extrêmement rapidement, il est nécessaire d’avoir à nos côtés des gens qui ne soient pas issus de nos métiers mais qui puissent nous accompagner : les fonds constituent dans cette optique une excellente solution. À ce jour, les fonds détiennent 30 % du capital de l’entreprise et nous, les managers, le reste. Pour ce qui me concerne directement, je demeure majoritaire.
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